Nourritures - Création 2017

Les Nourritures Terrestres est une œuvre de jeunesse d’André Gide publiée en 1887.
Œuvre hybride, il s’agit d’un roman-poème qui mêle souvenirs des voyages méditerranéens, récits d’expériences amoureuses et réflexions philosophiques.
Le narrateur s’adresse à un certain Nathanaël, jeune homme auquel sont destinés les enseignements d’un livre qui doit le mener sur les chemins des sens. Les mots doivent être brulés immédiatement après avoir été lus pour que l’initiation sensuelle puisse s’accomplir.

 

Extraits de l’œuvre 

« je ne sais ce que j’avais pu rêver cette nuit. À mon réveil tous mes désirs avaient soif » 

 

« Il semblait qu’en dormant, ils eussent traversé des déserts

Entre le désir et l’ennui

Notre inquiétude balance .

Désirs ! Est-ce que vous ne vous lasserez pas ?

Oh ! oh ! oh ! cette petite volupté qui passe et qui sera bientôt passée » 

 

« Mes émotions se sont ouvertes comme une religion »

 

« Je n’écris que pour toi ; je ne t’écris que pour ces heures. Je voudrais écrire tel livre d’où toute pensée, toute émotion personnelle te semblât absente, où tu croirais ne voir la protection de ta propre ferveur. Je voudrais m’approcher de toi et que tu m’aimes. »

 

 

STRUCTURE

 

Sous la forme de chants poétiques faisant écho à la structure même de l’œuvre d’André Gide, Marie Perruchet souhaite explorer toute la symbolique des sensations. La sensualité, le rapport aux corps, la « possession amoureuse » chère à Gide s’incarne dans des corps mouvant, investit un lieu et se transforme en long plan séquence qui emporte avec lui le spectateur dans un huis clos de 45 mn

Marie Perruchet organise son processus de création autour de l’improvisation. Tantôt libre, tantôt plus précisément guidée par le texte poétique de Gide, il s’agit pour les danseurs de saisir quelque chose comme une poétique des corps, à la fois poésie et invention d’une forme. Trouver sa place dans l’espace, trouver sa place par rapport à l’autre ; l’invention d’une forme de vie guidée par la ferveur, voilà comment doit s’organiser la danse qui sublime la matière de son propre corps en même temps qu’elle l’interroge et interroge son lien avec autrui.

 

Il s’agit tout à la fois de trouver son geste, le geste individuel qui prendra place dans des ensembles qui s’inspireront également de l’organicité, la rondeur et la sensualité de certaines sculptures d’Auguste Rodin.

Comme le héros de Gide, les danseurs sont à la recherche d’une certaine volupté. Le volume, la rondeur, une vie s’inventant dans le mouvement, toujours charnel et précis ; les différents impératifs catégoriques gidiens qui guident Nathanaël, le lecteur, les danseurs et les spectateurs sur leur propre chemin initiatique guident également le processus de création de la chorégraphie de Marie Perruchet.

 

 

LUMIÈRES

 

Propice à l’intime, à l’introspection, la lumière crée des espaces mouvant d’ombre et de lumière qui dessinent autant le chemin intérieur que celui de la découverte de l’autre. Inspiré des peintures du Caravage, maître incontesté du clair-obscur, Marie réinvente une esthétique baroque qu’elle affectionne.

Les danseurs profitent également de ces jeux de lumières. Présents tout au long de la pièce sur scène, on ne les voit pourtant pas toujours. Une forme d’impermanence s’installe, les corps, leurs courbes, leurs forment se découvrent et se cachent au fil de la pièce. Le spectateur se retrouve pris dans une atmosphère proche de celle des Hammams, l’air y est moite et la lumière brumeuse nous donne à découvrir des corps d’une sensualité noble et nouvelle.

 

 

LA MUSIQUE

 

La création musicale pour cette pièce vient avant tout d’une histoire d’envie. La découverte d’une pièce pour orgue de Jean-Sébastien Bach, Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ, fut un choc émotionnel pour Marie qui désirait aussi écrire du mouvement à partir de la partition musicale. L’œuvre de Bach est ainsi présente dans la pièce dans une version pour orgue et piano transformé.

 

La collaboration pour cette bande son s’est faite avec le compositeur producteur français Alex Liebermann. Marie a travaillé avec lui sur les thèmes de sensorialité et de sensualité pour que cette création musicale puisse entrer en écho avec le texte gidien qui donne à NOURRITURES ses couleurs et nourrit la ferveur qui s’empare des corps sur scène.

 

Marie a également demandé l’autorisation à Jozef Wan Wissem (compositeur et collaborateur de Jarmusch) d'utiliser trois de ses morceaux : Sola Gratia 1 et 2 ainsi que Our hearts condemn us. Leur chaleur organique semblait s’imposer pour le travail sur cette pièce.

Chorégraphe : Marie Perruchet

Assistant chorégraphique : Xavier Perez

Assistante : Aurore Godfroy

Pièce pour 3 danseurs

Distribution : Aurore Godfroy Marie Perruchet Nicolas Travaille

Musique : Alex Liebermann

Lumières : Tanguy Gauchet

Durée : 50 minutes

Tout Public

Création : 4 semaines

Première : Mai 2017

Les Partenaires

Le Centre National de la Danse

Coproduction